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Vente à distance de services financiers, nouvelles obligations pour les IOBSP

Par Pascal Cherin

Vente à distance de services financiers. La France durcit les règles et les intermédiaires bancaires doivent s’adapter

La vente à distance de services financiers connaît depuis plusieurs années une croissance continue.

Crédits à la consommation, regroupements de crédits, assurances, solutions de paiement ou encore crédits immobiliers sont aujourd’hui largement commercialisés par téléphone ou via Internet.

Cette évolution, accélérée par la digitalisation des parcours clients et les usages post crise sanitaire, a conduit les pouvoirs publics à renforcer l’encadrement juridique de ces pratiques.

Le 6 janvier 2026, la France a publié une ordonnance transposant une directive européenne de novembre 2023 visant à renforcer la protection des consommateurs dans le cadre de la vente à distance de services financiers.

Cette réforme marque un tournant important pour l’ensemble des professionnels concernés et notamment pour les intermédiaires en opérations de banque et en services de paiement.

Pour les courtiers, mandataires, intermédiaires bancaires et assurantiels, ces nouvelles règles ne sont pas anodines.

Elles impactent directement les pratiques commerciales, les parcours de souscription, les obligations d’information et les modalités de rétractation.

Elles renforcent également la nécessité de disposer d’une formation solide et à jour pour exercer en conformité avec le cadre réglementaire.

Un contexte réglementaire renforcé au niveau européen et national

La réforme française s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement de la protection des consommateurs au niveau européen.

La directive adoptée en novembre 2023 vise à harmoniser les règles applicables à la vente à distance de services financiers dans l’ensemble de l’Union européenne.

L’objectif est clair. Garantir un haut niveau de protection des consommateurs face à des produits parfois complexes, vendus dans un environnement numérique qui peut favoriser la précipitation ou la mauvaise compréhension des engagements contractuels.

La France a choisi de transposer cette directive par ordonnance, avec une entrée en vigueur prévue à partir de juin 2026.

Les professionnels disposent donc d’un délai limité pour adapter leurs pratiques, leurs outils et leurs processus internes.

Source officielle
https://www.legifrance.gouv.fr

Analyse presse économique
https://www.lefigaro.fr/conso

Présentation générale du droit de rétractation
https://www.service-public.fr

Le renforcement du droit de rétractation dans la vente à distance

L’un des axes majeurs de la réforme concerne le droit de rétractation.

Ce droit existe déjà dans le Code de la consommation, mais son exercice était parfois rendu complexe dans les parcours en ligne ou par téléphone.

Désormais, les professionnels proposant des services financiers à distance devront mettre à disposition des consommateurs une fonctionnalité claire, gratuite et facilement accessible leur permettant d’exercer leur droit de rétractation.

Cette fonctionnalité devra être disponible pendant toute la durée du délai légal.

Concrètement, il ne sera plus acceptable qu’un client doive multiplier les démarches, rechercher une adresse obscure ou envoyer un courrier difficile à identifier pour se rétracter.

L’interface utilisée pour la souscription devra offrir un moyen simple et direct d’annuler le contrat dans le délai prévu par la loi.

Le délai de rétractation reste en principe de quatorze jours pour la plupart des services financiers vendus à distance. Toutefois, la réforme rappelle un point fondamental souvent méconnu des professionnels.

En cas de défaut d’information ou d’information incomplète, ce délai peut être prolongé jusqu’à un an et quatorze jours.

Pour un intermédiaire bancaire, les conséquences financières et juridiques peuvent être lourdes. Annulation du contrat, restitution des sommes perçues, litiges avec les clients, sanctions administratives.

Des obligations d’information précontractuelle renforcées

La réforme insiste également sur la qualité et la clarté de l’information précontractuelle.

Avant toute conclusion de contrat à distance, le consommateur doit recevoir des informations complètes, compréhensibles et adaptées à la nature du service financier proposé.

Ces informations portent notamment sur les caractéristiques essentielles du produit, son coût global, les modalités de remboursement, les risques éventuels, les conditions de résiliation et l’existence du droit de rétractation.

Pour certains produits complexes comme les crédits immobiliers, les regroupements de crédits ou les crédits assortis de garanties spécifiques, des informations standardisées supplémentaires peuvent être exigées afin de permettre au client de comparer les offres et de comprendre pleinement ses engagements.

La responsabilité de l’intermédiaire est ici centrale. Même lorsqu’il agit en qualité de mandataire d’un établissement bancaire, il demeure tenu de respecter ses obligations d’information et de conseil.

Une information inadaptée ou insuffisante peut engager sa responsabilité civile, voire disciplinaire.

La lutte contre les pratiques numériques trompeuses

La réforme introduit également une notion de plus en plus présente dans le droit de la consommation.

Celle des interfaces trompeuses ou manipulatoires, parfois appelées dark patterns.

Il s’agit de pratiques de conception visant à orienter le comportement du consommateur de manière non transparente.

Boutons de validation mis en avant, options de refus dissimulées, messages anxiogènes ou parcours volontairement complexes pour dissuader l’exercice d’un droit.

Désormais, ces pratiques sont explicitement visées et prohibées dans le cadre de la vente à distance de services financiers.

Les interfaces numériques devront être conçues de manière loyale et neutre, en respectant la liberté de choix du consommateur.

Pour les intermédiaires qui utilisent des outils de simulation, des formulaires en ligne ou des plateformes de souscription, cela implique un audit sérieux des parcours clients et parfois une refonte des supports existants.

Un encadrement plus strict du démarchage téléphonique

La vente à distance ne se limite pas à Internet.

Le démarchage téléphonique reste une pratique largement utilisée dans le secteur bancaire et financier, notamment pour le crédit à la consommation et le regroupement de crédits.

La réforme impose désormais une transparence accrue dès le début de l’appel.

Le professionnel devra clairement indiquer son identité, le caractère commercial de l’appel et le lien existant avec l’établissement pour le compte duquel il intervient.

Si l’appel est susceptible d’être enregistré, cette information devra également être communiquée. Ces obligations visent à restaurer la confiance des consommateurs et à lutter contre les abus constatés ces dernières années.

Pour les intermédiaires bancaires, ces règles impliquent une formation renforcée des équipes commerciales et un encadrement strict des scripts d’appel.

Des sanctions en cas de non conformité

Le non respect de ces nouvelles obligations pourra donner lieu à des sanctions administratives et financières.

Les autorités de contrôle compétentes, notamment l’ACPR et la DGCCRF, disposeront de pouvoirs renforcés pour contrôler les pratiques des professionnels.

Au delà des sanctions, le risque réputationnel est également important.

Dans un contexte de défiance accrue des consommateurs envers les acteurs financiers, une mauvaise pratique peut rapidement nuire à l’image d’un cabinet ou d’un réseau d’intermédiaires.

Pourquoi la formation IOBSP devient plus que jamais indispensable

Ces évolutions réglementaires illustrent une réalité incontournable. Le métier d’intermédiaire bancaire ne cesse de se complexifier.

La vente à distance, loin de simplifier les obligations, impose au contraire une maîtrise accrue du cadre juridique, des droits des consommateurs et des bonnes pratiques commerciales.

La formation IOBSP ne se limite pas à l’obtention d’une capacité professionnelle pour l’inscription à l’ORIAS. Elle constitue un socle indispensable pour comprendre les responsabilités liées à la distribution de produits financiers, notamment à distance.

Chez Cibformation, la formation IOBSP permet aux futurs intermédiaires et aux professionnels en activité de maîtriser les règles relatives à l’information précontractuelle, au devoir de conseil, à la protection du consommateur et aux obligations spécifiques liées à la commercialisation à distance.

Dans un contexte de durcissement réglementaire, se former n’est plus une option mais une nécessité. Une formation de qualité permet non seulement de se mettre en conformité avec la réglementation, mais aussi de sécuriser son activité, de renforcer la confiance des clients et de professionnaliser ses pratiques commerciales.

Que vous soyez courtier en crédit, mandataire, salarié d’un établissement financier ou en reconversion professionnelle, la formation IOBSP constitue un investissement stratégique pour exercer durablement dans un environnement réglementaire exigeant et en constante évolution.

Pour en savoir plus sur nos formations IOBSP et nos parcours adaptés aux professionnels de la banque et du crédit, nous vous invitons à consulter la page dédiée sur le site cibformation.fr.

Pour ceux qui souhaitent embrasser cette carrière, la formation IOBSP constitue un passage indispensable pour démarrer et réussir dans ce secteur d’avenir.

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