Faux documents dans un dossier de crédit : jusqu’où va la responsabilité du courtier ?
Vous recevez un client dont le projet semble finançable. En examinant ses pièces, vous découvrez une saisie sur salaire, plusieurs rejets de prélèvements et deux crédits qui n’avaient pas été mentionnés au premier rendez-vous. Vous lui expliquez que ces éléments compliquent sa demande.
Quelques jours plus tard, il revient avec un dossier « mis à jour ». Les incidents ont disparu. Le salaire paraît plus élevé. Les mensualités qui posaient problème ne figurent plus sur les relevés.
Pour un futur courtier, cette situation mérite que l’on s’y arrête. Transmettre les nouvelles pièces sans comprendre ce qui a changé peut exposer le professionnel. Et s’il sait qu’elles sont falsifiées, le risque dépasse largement celui d’un refus bancaire.
La responsabilité du courtier dépend notamment de ce qu’il savait, des vérifications qu’il devait effectuer et de sa réaction face aux anomalies.
Une analyse de solvabilité repose sur des informations fiables.
Apprendre à calculer un taux d’endettement, apprécier un reste à vivre ou construire un regroupement de crédits fait partie du métier. Mais ces compétences perdent leur portée si les données de départ sont trompeuses.
Un salaire majoré améliore artificiellement la capacité de remboursement. Un crédit effacé minore les charges. Une saisie masquée donne une image inexacte de la situation financière.
L’article R.519-21 du Code monétaire et financier prévoit le recueil des ressources, charges et prêts en cours pour permettre au prêteur de vérifier la solvabilité. La qualité de cette collecte compte donc autant que les calculs qui suivent. Légifrance
Le contrôle documentaire doit accompagner l’étude du financement dès le début du dossier.
Expliquer un obstacle au crédit n’autorise pas à le faire disparaître des pièces.
Le courtier peut expliquer à son client que ses incidents bancaires, son endettement ou une saisie rendent le financement difficile. Il peut chercher avec lui une solution réelle : remboursement d’une dette, régularisation d’un incident ou report du projet.
Il doit en revanche refuser toute démarche destinée à présenter une situation fictive.
La différence se voit dans les justificatifs. Une mainlevée peut établir la fin d’une saisie. Une attestation du prêteur peut confirmer le remboursement d’un crédit. Ces documents expliquent une évolution réelle.
La suppression d’un prélèvement sur un relevé déjà émis ne régularise rien. Elle modifie la représentation du passé.
Lorsqu’un client remet une nouvelle version d’une pièce déjà examinée, le professionnel doit donc comparer les documents et demander une explication aux changements significatifs.
Transmettre sciemment un faux peut engager la responsabilité pénale.
Un courtier n’a pas besoin d’avoir lui-même retouché un document pour être exposé pénalement. L’utilisation consciente de pièces falsifiées peut relever de l’usage de faux et, selon les faits, d’une participation à l’escroquerie.
L’article 121-7 du Code pénal vise notamment l’aide apportée sciemment à une infraction. Donner des instructions pour falsifier un dossier peut également être concerné. Légifrance
La connaissance de la fraude doit être établie. Une simple erreur de lecture ne se confond pas avec une participation volontaire.
Une jurisprudence sur la responsabilité du courtier
Dans un arrêt du 22 juin 2023, la cour d’appel de Douai, RG n° 21/00886, examine le cas d’un courtier qui contestait avoir confectionné les faux, mais reconnaissait les avoir sciemment produits auprès des banques.
L’arrêt rappelle sa condamnation pénale définitive et retient sa responsabilité contractuelle envers le prêteur. Sa défense fondée sur l’insuffisance des contrôles bancaires ne l’exonère pas. Cour de cassation
Pour le stagiaire, l’enseignement est concret : l’absence de fabrication personnelle ne protège pas celui qui transmet consciemment des pièces trompeuses.
Ne pas avoir vu le faux ne suffit pas toujours à écarter une faute.
Il existe une autre situation, moins évidente : le courtier n’a pas participé à la fraude, mais n’a pas traité des anomalies importantes.
Il a reçu deux versions contradictoires d’un relevé. Il a relevé un écart entre les salaires déclarés et les sommes versées. Ou il a accepté une explication sans rechercher le justificatif nécessaire, alors que son contrôle l’exigeait.
La négligence ne caractérise pas, à elle seule, une complicité pénale. Elle peut néanmoins engager une responsabilité civile si un manquement, un dommage et un lien de causalité sont établis.
L’analyse porte alors sur la mission confiée, les engagements contractuels, les informations disponibles et les diligences attendues dans les circonstances du dossier.
La phrase « je n’étais pas au courant » doit pouvoir être rapprochée d’un travail de vérification réel.
Un faux indécelable n’entraîne pas une responsabilité automatique.
Un professionnel sérieux peut aussi être trompé. Certains faux présentent une apparence régulière et ne se révèlent qu’après des investigations approfondies.
La Cour de cassation l’a admis dans son arrêt du 17 février 2021, pourvoi n° 18-26.190. Elle approuve l’absence de faute contractuelle d’un intermédiaire : la découverte des falsifications exigeait des recherches dépassant la mission et les pouvoirs qui lui avaient été confiés.
Cette solution dépend de la convention et des circonstances. Elle ne dispense pas d’examiner les alertes visibles ou d’effectuer les contrôles convenus avec le partenaire. Légifrance
Le courtier doit pouvoir expliquer ce qu’il a vérifié et les limites de son intervention.
La confiance de la banque peut se perdre avant toute condamnation
Le risque judiciaire ne résume pas les conséquences d’un dossier falsifié. La relation avec le partenaire bancaire peut également se dégrader.
Si plusieurs dossiers comportent des anomalies inexpliquées, la banque peut s’interroger sur la qualité du travail transmis. Elle peut demander des contrôles supplémentaires, revoir son organisation avec l’intermédiaire ou remettre en cause le partenariat, selon la convention et le droit applicable.
Pour un courtier qui débute, cette dimension est essentielle. Le partenaire attend une présentation claire et sincère du dossier, y compris lorsque certains éléments le fragilisent.
Une difficulté expliquée permet à la banque de décider en connaissance de cause. Une difficulté dissimulée peut remettre en question la confiance accordée au professionnel.
Une attestation du client protège-t-elle le courtier ?
Faire confirmer par écrit les renseignements fournis est utile. Cela aide à établir ce que le client a déclaré et quelles pièces il a remises.
Mais une attestation ne remplace pas les contrôles. Elle ne neutralise ni une anomalie laissée sans réponse ni une falsification connue du courtier.
Pour être exploitable, la déclaration doit se rattacher à une fiche de situation précise et à un inventaire des justificatifs. Le client doit pouvoir relire et corriger les informations avant de les valider.
Les rubriques pertinentes comprennent notamment :
- La situation familiale et le logement.
- L’activité professionnelle et les revenus.
- Les charges, crédits et autres engagements utiles à l’étude.
- Le patrimoine et l’origine de l’apport lorsque nécessaire.
- Les saisies, dettes ou incidents qui affectent le financement.
Chaque emprunteur valide les informations qui le concernent. Les changements importants doivent être actualisés pendant le traitement de la demande.
La collecte doit rester proportionnée au financement. Une démarche de protection ne justifie pas de recueillir toutes les informations possibles sur une personne.
Conserver les versions et la trace des contrôles
La protection du courtier repose aussi sur l’organisation de son dossier.
Lorsqu’un nouveau document arrive, conserver l’ancienne version permet de comprendre les différences et de reconstituer les échanges. Écraser systématiquement les fichiers prive le professionnel d’éléments qui peuvent devenir essentiels.
Une fiche interne peut enregistrer les pièces rapprochées, les vérifications effectuées, les anomalies et les réponses obtenues.
Il faut décrire les contrôles avec exactitude. Écrire « rapprochement des bulletins avec les versements bancaires » est plus précis que « documents certifiés authentiques » lorsque seule une comparaison a été réalisée.
Les justificatifs et leur historique doivent être conservés dans un environnement sécurisé, pendant des durées adaptées aux obligations et aux finalités applicables.
Que faire lorsqu’un doute apparaît ?
Le courtier doit prendre le temps de clarifier la situation. Une incohérence peut provenir d’une erreur, d’un acompte, d’une correction de paie ou d’un document remplacé par son émetteur.
Une méthode simple consiste à :
- Identifier précisément l’écart.
- Demander une explication et la pièce qui permet de la vérifier.
- Faire revoir le cas sensible par un responsable si l’organisation le permet.
- Suspendre la transmission lorsqu’une anomalie substantielle reste inexpliquée.
- Alerter le service compétent du prêteur si le dossier a déjà été transmis.
Si la falsification est établie, il faut interrompre l’utilisation trompeuse des pièces et suivre la procédure de traitement des fraudes. Adresser le même dossier à une autre banque ne résout pas le problème.
Se former pour exercer avec méthode
Un futur courtier peut être tenté de voir chaque obstacle comme une difficulté à surmonter pour obtenir l’accord bancaire. L’expérience apprend aussi à reconnaître les situations qui imposent de suspendre le dossier.
Cette capacité fait partie du professionnalisme. Elle protège le client contre un financement fondé sur une situation fictive et préserve la relation avec les prêteurs.
Chez Cibformation, la préparation aux métiers du crédit s’appuie sur la compréhension des obligations et des situations concrètes rencontrées par les IOBSP. La vigilance documentaire mérite sa place dans cet apprentissage, aux côtés de l’analyse financière et du conseil au client.
Les déclarations signées permettent de garder une trace de ce que le client a affirmé. Le dossier de contrôle permet de montrer ce que le courtier a réellement vérifié.
Découvrez les formations IOBSP de Cibformation pour préparer votre activité de courtier en crédit et développer vos compétences professionnelles tout en apprenant à déceller les faux documents transmis par un client pour sa demande de crédit. Attention à la responsabilité du courtier !
Faux documents dans un dossier de crédit : comprendre la responsabilité du courtier
Lorsqu’un client remet un bulletin de salaire, un relevé bancaire ou un avis d’imposition pour obtenir un crédit, ces pièces servent à apprécier sa situation et sa capacité de remboursement. Leur falsification fausse cette analyse et peut conduire la banque à financer une opération qu’elle aurait refusée si elle avait connu la réalité.
Le courtier participe à la constitution et à la présentation du dossier de crédit avec de faux documents. Il peut donc être mis en cause lorsqu’un faux est découvert. Mais sa responsabilité n’est pas automatique : elle dépend notamment de sa connaissance des faits, de sa mission, des contrôles attendus et des anomalies qu’il pouvait déceler.
Pour un futur professionnel, il faut distinguer trois situations : la participation consciente à une fraude, le défaut de diligence et la transmission d’un faux qui ne pouvait raisonnablement être identifié.
Que recouvre la fraude documentaire dans une demande de crédit ?
La fraude documentaire peut consister à fabriquer entièrement une pièce ou à modifier un document authentique. Elle peut porter sur un revenu, une opération bancaire, une identité ou une situation professionnelle.
Quelques exemples : un salaire augmenté sur un bulletin, une mensualité supprimée d’un relevé, un faux contrat de travail ou un justificatif d’apport modifié.
Une omission dans une fiche de renseignements doit être distinguée d’une falsification matérielle. Ne pas déclarer un crédit ne signifie pas nécessairement avoir fabriqué un faux document. Cette omission peut toutefois constituer une information trompeuse déterminante pour le prêteur. La qualification juridique dépend des faits et de l’intention établie.
Il faut également distinguer une fraude d’une erreur ou d’une rectification légitime. Un bulletin corrigé par l’employeur ou un avis fiscal remplacé par l’administration ne devient pas frauduleux du seul fait qu’il diffère d’une première version.
Quelles sont les obligations du courtier ?
L’article R.519-21 du Code monétaire et financier prévoit le recueil des informations relatives à la situation financière, aux ressources, aux charges et aux prêts en cours du client. Ces éléments doivent permettre au prêteur de vérifier sa solvabilité. Légifrance
Le courtier doit exercer sa mission avec diligence. Il recueille les informations utiles, examine leur cohérence et traite les contradictions significatives. Les vérifications expressément prévues dans ses contrats doivent également être réalisées.
Il convient toutefois de distinguer le mandat donné par le client et la convention conclue avec une banque partenaire. Le courtier agit normalement sur mandat du client. Une convention bancaire ne le transforme pas systématiquement en mandataire du prêteur. acpr.banque-france.fr
L’étendue de ses engagements envers la banque dépend donc des textes applicables, du contenu de la convention et des circonstances. Il n’existe pas, du seul fait de sa profession, une garantie absolue que chaque pièce transmise serait authentique.
La participation consciente : un risque pénal et civil
Le courtier qui fabrique une pièce, donne des instructions pour la falsifier ou transmet consciemment un faux peut être poursuivi selon les actes établis.
L’article 441-1 du Code pénal réprime le faux et l’usage de faux. L’utilisation consciente d’une pièce falsifiée peut être sanctionnée même lorsque son utilisateur ne l’a pas fabriquée.
L’article 313-1 vise l’escroquerie. Des documents falsifiés peuvent servir de manœuvres pour obtenir un financement. L’article 121-7 définit notamment la complicité par l’aide ou l’assistance apportée sciemment à une infraction, ainsi que par les instructions données pour la commettre. Légifrance
Ces qualifications ne se déduisent pas simplement de la présence d’un faux. L’implication et la connaissance du professionnel doivent être établies.
Les maxima de droit commun sont de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour faux ou usage de faux, et cinq ans et 375 000 euros pour escroquerie. Ils ne doivent pas être confondus avec les peines effectivement prononcées ni additionnés mécaniquement. Des circonstances aggravantes peuvent modifier les peines. Légifrance
Dans son arrêt du 22 juin 2023, RG n° 21/00886, la cour d’appel de Douai relève qu’un courtier contestait avoir confectionné les pièces, mais reconnaissait les avoir sciemment produites auprès des banques. Elle rappelle sa condamnation pénale définitive et retient sa responsabilité contractuelle envers le prêteur.
L’enseignement est précis : ne pas être l’auteur matériel des faux n’écarte pas la responsabilité de celui qui les transmet consciemment pour obtenir le financement. www.courdecassation.fr
Que se passe-t-il lorsque le client remet des pièces modifiées ?
Prenons une situation pédagogique fictive. Un premier relevé fait apparaître des rejets et plusieurs mensualités. Le courtier explique au client que ces éléments fragilisent le dossier. Quelques jours plus tard, une nouvelle version du même relevé est remise, pour la même période, sans les opérations précédemment constatées.
Expliquer les conséquences des incidents relève du travail du courtier. La réception de pièces différentes appelle ensuite une vérification.
Trois cas doivent être distingués :
| Situation | Analyse |
|---|---|
| Le client justifie une régularisation réelle. | Le dossier peut être actualisé sur la base de pièces vérifiables. |
| Les différences restent inexpliquées. | La transmission doit être suspendue le temps de clarifier les éléments substantiels. |
| Le courtier sait que les pièces sont falsifiées et les transmet comme sincères. | Sa responsabilité pénale et civile peut être engagée selon les faits. |
Une dette soldée ou une mainlevée de saisie peut améliorer réellement la situation. Elle ne fait pas disparaître rétroactivement une opération d’un relevé historique. Il faut justifier l’évolution, plutôt que modifier le passé.
Le simple fait d’avoir reçu deux versions ne démontre pas automatiquement que le courtier a reconnu la fraude. Mais les échanges, la comparaison des fichiers et les alertes antérieures peuvent permettre de déterminer ce qu’il savait ou aurait dû examiner.
La négligence : une responsabilité possible sans complicité
Le courtier peut ignorer la falsification tout en ayant insuffisamment rempli sa mission. Par exemple, il laisse sans réponse une contradiction importante ou omet une vérification contractuellement prévue.
Au civil, une responsabilité peut être engagée lorsqu’un manquement, un dommage et un lien de causalité sont établis. Le fondement dépend de la relation entre les parties : responsabilité contractuelle lorsqu’un contrat applicable existe, ou extracontractuelle dans les conditions du droit commun. www.legifrance.gouv.fr
La seule découverte d’un faux ou d’un impayé ne suffit pas à démontrer ces conditions. Le dommage et son montant doivent être appréciés concrètement. Le courtier n’est pas automatiquement tenu de rembourser tous les crédits devenus impayés.
La négligence ne suffit pas, à elle seule, à caractériser la complicité intentionnelle. Elle peut donc être retenue au civil sans qu’une participation pénale à la fraude soit démontrée.
Le faux indécelable : les limites de la responsabilité
Dans l’arrêt du 17 février 2021, pourvoi n° 18-26.190, la chambre commerciale de la Cour de cassation approuve l’absence de faute contractuelle d’un intermédiaire. Les pièces paraissaient régulières et leur falsification n’avait été révélée qu’après des recherches dépassant sa mission et ses pouvoirs.
La décision est liée à la convention et aux circonstances examinées. Elle n’exonère pas celui qui ignore une alerte visible ou néglige un contrôle convenu. Légifrance
La diligence doit s’apprécier au moment des faits, avec les informations et moyens alors disponibles. Une découverte ultérieure, obtenue grâce à une enquête approfondie, ne prouve pas à elle seule qu’un courtier pouvait l’effectuer lors de la demande.
Les contrôles de la banque dispensent-ils le courtier de vérifier ?
La banque conserve ses propres obligations. Le courtier doit, de son côté, exécuter sa mission et ses engagements. La possibilité d’un contrôle bancaire ultérieur ne justifie pas de transmettre consciemment une information trompeuse ou d’ignorer une incohérence substantielle.
Inversement, le fait que la banque n’ait pas détecté la fraude ne prouve pas automatiquement une faute du courtier. Les responsabilités de chaque intervenant s’examinent séparément, puis dans leurs liens avec le dommage.
La convention de partenariat mérite donc une lecture attentive : certaines clauses définissent les pièces requises, les vérifications attendues, les alertes et les conséquences d’un manquement.
Quelle est la valeur d’une déclaration signée par le client ?
Une déclaration permet d’établir les informations confirmées par le client. Son utilité augmente lorsqu’elle se rattache à une fiche précise et à une liste identifiable des pièces remises.
La fiche peut couvrir, dans la mesure nécessaire au financement :
- La situation familiale, matrimoniale et de logement.
- L’activité professionnelle, l’ancienneté et les revenus.
- Les charges récurrentes et les engagements de caution pertinents.
- Les crédits, mensualités, encours et durées restantes.
- Le patrimoine utile à l’étude et l’origine de l’apport.
- Les saisies, dettes et incidents affectant le financement.
Chaque emprunteur doit pouvoir relire, corriger et valider les données qui le concernent. La déclaration doit prévoir l’actualisation des changements importants.
Elle ne constitue pas une décharge générale. Elle ne supprime pas les obligations du professionnel et ne peut pas justifier l’utilisation d’un faux connu.
Dans l’arrêt du 23 septembre 2020, n° 19-11.264, la Cour de cassation censure notamment le défaut de réponse à l’argument tiré de fiches signées validant des informations fictives. Il s’agit d’une cassation procédurale, et non d’une décision donnant à ces fiches une valeur incontestable. Légifrance
Comment documenter les diligences accomplies ?
Les déclarations du client et les contrôles du courtier doivent être distingués. Le client confirme sa situation. Le professionnel conserve une trace de son propre travail.
Un dossier de contrôle peut comprendre :
| Élément conservé | Utilité |
|---|---|
| Fichiers reçus, dates et provenance | Identifier les pièces disponibles à chaque étape. |
| Versions successives | Comparer les modifications et reconstituer la chronologie. |
| Fiche des rapprochements effectués | Montrer les contrôles réellement réalisés. |
| Demandes d’explication et réponses | Documenter le traitement des anomalies. |
| Justificatifs de régularisation | Distinguer une évolution réelle d’une modification injustifiée. |
| Décision de suspension ou de validation interne | Établir la réaction du professionnel. |
La formulation doit rester exacte. Un examen de cohérence ne permet pas d’écrire que les pièces ont été « certifiées authentiques ». Il est préférable de préciser ce qui a été vérifié, auprès de quelle source et avec quelles limites.
Les contrôles utiles comprennent notamment le rapprochement des revenus et des versements, la cohérence des charges, la continuité des relevés et la vérification de l’avis fiscal par les services officiels disponibles.
Aucun outil ne garantit à lui seul l’authenticité de tout un dossier.
Quelle conduite adopter en cas de doute ou de découverte ?
En cas d’écart, le professionnel identifie l’anomalie, demande une explication et recherche une pièce vérifiable. Il ne doit pas conclure prématurément à une fraude : certaines différences sont légitimes.
Si une incohérence substantielle reste inexpliquée, il suspend la transmission. Si la falsification est établie, il interrompt l’utilisation trompeuse des pièces et applique le circuit interne de traitement des fraudes.
Lorsque le dossier est déjà transmis, il informe rapidement le service compétent du prêteur, par un canal sécurisé, des faits utiles et des faux documents dont il a eu connaissance pour limiter la responsabilité du courtier dans l’opération. Il conserve les preuves, examine les suites avec le responsable ou le conseil compétent et respecte les obligations de déclaration à son assureur prévues par sa police.
Une réorientation vers une autre banque ne rend pas acceptable l’utilisation des mêmes faux.
Quelles conséquences sur le partenariat et l’assurance professionnelle ?
La perte de confiance bancaire est distincte de la responsabilité judiciaire. Une banque peut renforcer ses contrôles ou envisager de mettre fin à une relation, selon la convention et les règles applicables. La découverte de faux n’autorise pas pour autant n’importe quelle rupture.
La RC professionnelle peut intervenir pour une faute couverte, sous réserve du contrat. L’article L.113-1 du Code des assurances exclut les dommages provenant d’une faute intentionnelle ou dolosive de l’assuré.
Cette qualification doit être examinée précisément : toute erreur ne conduit pas à une exclusion de garantie. www.legifrance.gouv.fr
Vérification documentaire et protection des données
Les vérifications doivent respecter les données personnelles. La collecte est limitée aux informations nécessaires. Les accès, la sécurité et les durées de conservation doivent être encadrés.
Le courtier ne doit pas demander les mots de passe bancaires ou fiscaux du client. Un contact avec un employeur nécessite un cadre juridique et une confidentialité adaptés. La lutte contre la fraude ne permet pas une collecte illimitée d’informations. www.cnil.fr
Enfin, l’alerte au partenaire bancaire ne se confond pas avec une déclaration de soupçon à Tracfin. L’assujettissement direct dépend du statut et des activités exercées. Il ne faut pas enseigner une déclaration automatique pour toute anomalie documentaire. www.legifrance.gouv.fr
Ce que le futur courtier doit retenir
La responsabilité se détermine à partir des faits, des obligations applicables et des preuves.
Transmettre consciemment un faux expose à des conséquences pénales et civiles. Négliger des contrôles nécessaires peut engager une responsabilité civile. Être trompé par un faux raisonnablement indécelable n’entraîne pas une responsabilité automatique.
La protection du professionnel repose sur une méthode proportionnée : recueillir des informations complètes, examiner les incohérences, conserver les versions, traiter les alertes et documenter les contrôles. Une déclaration signée complète cette méthode, sans s’y substituer.
Formation IOBSP pour devenir courtier

Notre centre de formation est spécialisé pour les IOBSP et IAS
Nous dispensons une formation IOBSP et IAS Formule la plus complète avec un accompagnement personnalisé.
- Depuis 2012, nous dispensons la formation IOBSP niveau 1, 2 et 3 ainsi que IAS et désormais une formation Loi ALUR.
- Chaque stagiaire est suivi par une coordinatrice pédagogique qui vous accompagne du devis à la remise de votre attestation de formation.
- La formation est débriefée par 2 jours de visio avec un courtier expérimenté. Le transfert hypothèque est abordé. Plébiscité par nos apprenants (voir les avis)
Nous proposons chaque année les formations continues obligatoires :
- Formation lutte contre le blanchiment d’argent
- Formation continue DCI 7h
- Formation continue IAS DDA 14 h
Pour plus de renseignements sur la formation, contactez-nous :
- Téléphone au 04 77 32 38 00
- Via notre site : Formation IOBSP/IAS
- Mail : accueil@cibformation.fr

Centre certifié conformément au décret qualité N° 2015-790 du 25 juin 2015.
Nous avons reçu la certification QUALIOPI, au titre de la catégorie « Actions de formation ». Ainsi votre formation peut être prise en charge par un OPCO, CPF, France Travail, si elle est éligible. Nous sommes inscrits sur le catalogue qualité de France Travail.
Organisme de formation enregistré sous le numéro de déclaration d’activité 84 69 15242 69 auprès du préfet de région Auvergne-Rhône-Alpes. Cet enregistrement ne vaut pas agrément de l’État.
CIB FORMATION – SARL au capital de 5 000 € – SIREN 831 272 273 – RCS Lyon – Code APE 85.59A Siège social : 14 rue Dedieu – 69100 Villeurbanne. Centre administratif : 4 rue Camille de Rochetaillée – 42000 Saint-Étienne – Tél. 04 77 32 38 00

