Formation IOBSP niveau 3 et loi Lagarde : les vendeurs automobiles doivent-ils suivre deux formations différentes ?

Formation crédit consommation en concession automobile : attention aux obligations cachées de la loi Lagarde

La distribution de crédit à la consommation dans les concessions automobiles soulève aujourd’hui une question réglementaire de plus en plus sensible.

Un vendeur automobile qui propose :

  • un crédit amortissable,
  • une LOA,
  • une location avec option d’achat,
  • ou un financement affecté à l’achat d’un véhicule,

doit-il uniquement disposer de la capacité professionnelle IOBSP prévue par le Code monétaire et financier ?

Ou doit-il également suivre une seconde formation spécifique relative au crédit à la consommation et à la prévention du surendettement issue de la loi Lagarde ?

Le sujet est loin d’être théorique.

Une récente décision de la Cour de cassation du 7 mai 2025 remet précisément cette obligation de formation au cœur des débats juridiques.

Le vendeur automobile qui propose un crédit devient un IOBSP

De nombreuses concessions automobiles distribuent aujourd’hui des solutions de financement :

  • crédit classique,
  • crédit affecté,
  • LOA,
  • leasing,
  • financement ballon,
  • crédit renouvelable associé à une carte de financement.

Dans ce cadre, le garage ou la concession exerce une activité d’intermédiation en opérations de banque et services de paiement.

Le professionnel entre donc dans le champ des IOBSP prévu par les articles L.519-1 et suivants du Code monétaire et financier.

Dans la pratique, les concessions sont généralement :

  • mandataires exclusifs,
  • ou mandataires non exclusifs,

de la captive financière de la marque automobile.

L’activité de financement est alors exercée :

à titre accessoire à la vente du véhicule.

Ce point est fondamental car il conditionne le niveau de capacité professionnelle exigé.

Pourquoi le niveau 3 IOBSP est généralement retenu

Pour les vendeurs qui distribuent du crédit consommation de manière accessoire, le Code monétaire et financier prévoit le plus souvent :

une capacité professionnelle IOBSP niveau 3.

Le décret n°2012-101 du 26 janvier 2012 et les articles R.519-8 et suivants du CMF encadrent cette obligation.

Contrairement au niveau 1 IOBSP qui impose un volume horaire important, le niveau 3 repose sur une logique plus souple.

Le texte parle simplement :

d’une durée « suffisante ».

Dans les réseaux automobiles, les formations proposées sont fréquemment :

  • de 3 heures,
  • de 7 heures,
  • ou davantage selon les organismes.

L’objectif est de former les vendeurs aux règles essentielles du crédit à la consommation :

  • information du consommateur,
  • TAEG,
  • devoir d’explication,
  • solvabilité,
  • fonctionnement des crédits affectés,
  • réglementation applicable.

Mais une seconde réglementation vient se superposer à cette obligation.

La loi Lagarde a créé une obligation de formation spécifique

La réforme du crédit à la consommation issue de la loi Lagarde du 1er juillet 2010 a profondément renforcé la protection des emprunteurs.

Elle a notamment instauré :

  • un encadrement renforcé du crédit renouvelable,
  • des obligations d’information précontractuelle,
  • des règles de prévention du surendettement,
  • des contrôles de solvabilité plus stricts,
  • une consultation obligatoire du FICP.

Mais surtout, elle a créé une obligation de formation spécifique.

Aujourd’hui, cette obligation figure notamment à l’article L.314-25 du Code de la consommation.

Le texte prévoit que :

les personnes chargées de fournir à l’emprunteur des explications sur le crédit à la consommation doivent être formées à la distribution du crédit et à la prévention du surendettement.

Cette obligation relève du :

Code de la consommation

et non du Code monétaire et financier.

C’est précisément ce qui crée aujourd’hui une difficulté d’interprétation.

Le vrai problème juridique : les textes ne fusionnent pas clairement les obligations

D’un côté :

  • le Code monétaire et financier impose une capacité professionnelle IOBSP.

De l’autre :

  • le Code de la consommation impose une formation spécifique relative au crédit à la consommation et à la prévention du surendettement.

Or :

aucun texte ne précise clairement que :

la formation IOBSP niveau 3 valide automatiquement l’obligation de formation issue de la loi Lagarde.

Mais inversement :

aucun texte n’impose explicitement deux formations totalement distinctes.

Nous sommes donc dans une véritable zone grise réglementaire.

Beaucoup de professionnels pensent à tort qu’une simple habilitation interne suffit

Dans les réseaux automobiles, il existe souvent :

  • des formations commerciales constructeur,
  • des habilitations internes,
  • des modules produits,
  • des formations captives.

Mais juridiquement, cela ne suffit pas toujours.

Le vendeur qui propose une LOA ou un crédit affecté :

  • présente un financement,
  • explique ses caractéristiques,
  • participe à la conclusion du contrat,
  • recueille des informations financières.

Il intervient donc dans le champ du crédit à la consommation.

Et ce champ implique :

  • des obligations IOBSP,
  • mais également des obligations issues du Code de la consommation.

La LOA est bien concernée par ces obligations

Certaines concessions considèrent encore que :

« la LOA n’est pas un crédit consommation ».

Cette analyse est juridiquement dangereuse.

La location avec option d’achat relève dans la majorité des cas du régime protecteur du crédit à la consommation.

Le vendeur doit donc maîtriser :

  • le devoir d’explication,
  • les obligations d’information,
  • les règles de solvabilité,
  • le délai de rétractation,
  • les mécanismes de prévention du surendettement.

Une seule formation peut-elle suffire ?

En pratique :

oui, mais sous conditions.

La solution juridiquement la plus solide consiste aujourd’hui à :

intégrer explicitement le volet « loi Lagarde » dans la formation IOBSP niveau 3.

Autrement dit :

la formation doit couvrir :

  • le crédit consommation,
  • la prévention du surendettement,
  • le FICP,
  • l’analyse de solvabilité,
  • les risques liés au cumul de crédits,
  • les incidents de paiement,
  • les obligations d’explication,
  • les règles protectrices du consommateur.

Le point essentiel devient alors :

la preuve du contenu pédagogique.

L’arrêt de la Cour de cassation du 7 mai 2025 change la donne

La Cour de cassation a rendu une décision très importante le 7 mai 2025.

La Haute juridiction rappelle clairement :

  • que l’obligation de formation existe ;
  • que la formation relative au crédit à la consommation et à la prévention du surendettement doit pouvoir être démontrée ;
  • mais que l’absence de preuve de cette formation ne provoque pas automatiquement une sanction civile.

La Cour précise :

« L’absence de preuve de la formation de l’intermédiaire ne comporte pas de sanction autre que pénale. »

Cette décision est essentielle pour les réseaux de distribution de crédit.

Ce que cette décision signifie concrètement

L’arrêt ne supprime absolument pas l’obligation de formation.

Il indique simplement que :

  • le contrat de crédit n’est pas automatiquement annulé ;
  • la banque ne perd pas automatiquement ses intérêts ;
  • la déchéance du droit aux intérêts n’est pas automatique.

Mais les risques demeurent :

  • risque pénal,
  • risque ACPR,
  • risque DGCCRF,
  • risque de contrôle,
  • risque réputationnel,
  • risque de mise en cause du prêteur ou du réseau.

Le véritable enjeu devient la traçabilité

Aujourd’hui, les professionnels doivent pouvoir démontrer :

  • qui a été formé ;
  • à quelle date ;
  • sur quelle durée ;
  • avec quel programme ;
  • avec quels supports ;
  • avec quelle validation des acquis.

Les autorités pourront demander :

  • les attestations,
  • les feuilles d’émargement,
  • les QCM,
  • les contenus pédagogiques,
  • les mises à jour de formation.

Une formation de 3 heures peut-elle être suffisante ?

Juridiquement :

oui.

Le niveau 3 IOBSP repose sur une logique de durée « suffisante ».

Pour un vendeur automobile proposant uniquement du crédit à titre accessoire, une formation de 3 heures peut être défendable :

  • si le périmètre est limité ;
  • si les produits sont simples ;
  • si le contenu couvre réellement les exigences réglementaires.

En revanche :

une formation purement commerciale ou produit risque d’être insuffisante.

Les obligations vont encore se renforcer

Le sujet devient encore plus stratégique avec la réforme européenne du crédit à la consommation et l’ordonnance du 3 septembre 2025 qui renforce les obligations de mise en garde et de protection des emprunteurs.

Les professionnels du financement devront demain démontrer :

  • une meilleure maîtrise des risques d’endettement ;
  • une meilleure information du consommateur ;
  • une vigilance accrue sur les profils fragiles.

Les intermédiaires sont directement concernés.

Ce qu’il faut retenir

Aujourd’hui :

  • la capacité professionnelle IOBSP reste obligatoire ;
  • la formation relative au crédit à la consommation et à la prévention du surendettement existe également ;
  • les textes ne précisent pas clairement si une seule formation peut couvrir les deux obligations.

La solution la plus sécurisée consiste donc à :

intégrer explicitement les exigences de la loi Lagarde dans la formation IOBSP niveau 3.

Et surtout :

conserver une traçabilité complète des formations suivies.

L’arrêt de la Cour de cassation du 7 mai 2025 montre clairement une chose :

la preuve de la formation devient désormais un sujet central pour tous les distributeurs de crédit à la consommation.

Formation IOBSP jiveau 3 pour vendeur de crédit à la consommation

Si vous avez une sensibilité aux chiffres, au budget, aux crédits ou à la finance, peut-être que c’est une vocation qui n’attend qu’un cadre professionnel.

Il n’est jamais trop tard pour se reconvertir.


Obtenir votre capacité professionnelle via une formation IOBSP niveau 1 est la première étape pour devenir courtier en crédit et transformer un intérêt personnel en véritable métier.

Formation IOBSP niveau 3 crédit à la consommation pour vendre à crédit

cib formation logo

Notre centre de formation est spécialisé pour les IOBSP et IAS

Nous dispensons une formation IOBSP et IAS Formule la plus complète avec un accompagnement personnalisé.

  • Depuis 2012, nous dispensons la formation IOBSP niveau 1, 2 et 3 ainsi que IAS et désormais une formation Loi ALUR.
  • Chaque stagiaire est suivi par une coordinatrice pédagogique qui vous accompagne du devis à la remise de votre attestation de formation.
  • La formation est débriefée par 2 jours de visio avec un courtier expérimenté. Le transfert hypothèque est abordé. Plébiscité par nos apprenants (voir les avis)

Nous proposons chaque année les formations continues obligatoires :

Pour plus de renseignements sur la formation, contactez-nous :

  • Téléphone au 04 77 32 38 00
  • Via notre site : Formation IOBSP/IAS
  • Mail : accueil@cibformation.fr
tarif formation iobsp

Centre certifié conformément au décret qualité N° 2015-790 du 25 juin 2015. Nous avons reçu la certification QUALIOPI, ainsi votre formation peut être prise en charge par le CPF, si elle est éligible. La formation peut aussi être prise en charge par votre OPCO. Nous sommes inscrits sur le catalogue qualité de Pôle Emploi et enregistré au DATADOCK.

avis cibformation