Qualiopi : vers une certification des auditeurs obligatoire ?
Le Sénat a adopté le 1er juin 2026 un amendement gouvernemental qui pourrait profondément modifier le métier d’auditeur Qualiopi.
Derrière un texte consacré à la régulation de l’enseignement supérieur privé se cache en effet une mesure attendue depuis plusieurs années par de nombreux acteurs de la formation professionnelle : l’instauration d’une certification obligatoire pour les auditeurs Qualiopi.
Cette évolution répond à une question de fond : comment garantir une évaluation homogène de la qualité des organismes de formation lorsque les auditeurs eux-mêmes ne sont pas soumis à un référentiel commun de compétences ?
Une critique récurrente du dispositif Qualiopi
Depuis l’entrée en vigueur de Qualiopi, de nombreux organismes de formation ont constaté des différences importantes dans les pratiques d’audit.
Pour une même situation, certains auditeurs considèrent qu’une preuve est recevable tandis que d’autres la jugent insuffisante. Des non-conformités peuvent être relevées lors d’un audit puis ne plus être évoquées lors du suivant. 4
À l’inverse, certaines exigences peuvent être interprétées de manière beaucoup plus stricte selon l’auditeur mandaté.
Ces écarts s’expliquent notamment par le fait qu’il n’existait jusqu’à présent aucune certification nationale spécifique pour exercer la fonction d’auditeur Qualiopi.
Les organismes certificateurs doivent certes s’assurer que leurs auditeurs disposent d’une expérience professionnelle et de compétences en audit, mais chaque organisme définit ses propres critères de recrutement et de qualification.
Cette situation a progressivement alimenté un sentiment d’insécurité chez certains prestataires de formation.
Le constat dressé dès 2024
Dans une analyse publiée par Centre Inffo en septembre 2024, Fouzi Fethi soulignait déjà les limites du système actuel.
Selon lui, l’absence de standard commun crée une professionnalisation très hétérogène des auditeurs.
Il rappelait qu’un auditeur Qualiopi ne doit pas seulement maîtriser les techniques d’audit ou le guide de lecture du Référentiel National Qualité.
Il doit également comprendre :
- le fonctionnement de la formation professionnelle ;
- les obligations légales des organismes de formation ;
- les enjeux économiques du secteur ;
- les spécificités des actions de formation certifiantes ou non certifiantes ;
- les règles applicables à l’apprentissage ;
- les mécanismes de financement de la formation.
L’objectif n’est pas uniquement de vérifier des documents mais également de contextualiser les exigences du référentiel en fonction de l’activité réelle de l’organisme audité.
Cette analyse a largement nourri les réflexions engagées par les pouvoirs publics.
Ce que prévoit l’amendement adopté par le Sénat
Le nouvel article L.6316-1-1 du Code du travail prévoit que les organismes certificateurs devront s’assurer que les personnes chargées de réaliser les audits sont titulaires d’une certification enregistrée au Répertoire Spécifique de France Compétences.
Autrement dit, l’exercice de la fonction d’auditeur Qualiopi ne pourra plus reposer uniquement sur l’expérience professionnelle ou sur une qualification interne délivrée par un organisme certificateur.
Une certification officielle deviendra nécessaire.
Le texte précise également que les organismes certificateurs restent responsables :
- de la qualification de leurs auditeurs ;
- de leurs critères de sélection ;
- du respect des règles déontologiques ;
- de la prévention des situations d’incompatibilité.
Un décret en Conseil d’État devra encore préciser les modalités d’application.
Une évolution logique pour renforcer la crédibilité de Qualiopi
Sur le principe, cette réforme apparaît cohérente.
Aujourd’hui, tous les organismes de formation doivent démontrer leurs compétences pour obtenir la certification Qualiopi.
Il peut donc sembler logique que les professionnels chargés d’évaluer ces organismes soient eux-mêmes soumis à une certification reconnue.
Cette mesure pourrait permettre :
- une harmonisation des pratiques d’audit ;
- une meilleure lisibilité des exigences ;
- une réduction des écarts d’interprétation ;
- une sécurisation des décisions de certification ;
- un renforcement de la confiance dans le dispositif Qualiopi.
Pour les organismes de formation, cela pourrait se traduire par davantage de prévisibilité lors des audits.
Des questions pratiques restent cependant en suspens
Si le principe fait largement consensus, sa mise en œuvre soulève plusieurs interrogations.
La première concerne le contenu de cette future certification.
Quels seront précisément les savoirs et compétences exigés ?
Quelle place sera accordée au droit de la formation professionnelle ?
Comment seront évaluées les connaissances des candidats ?
La seconde question concerne les organismes habilités à former les futurs auditeurs.
Une sélection trop restrictive pourrait entraîner une pénurie de professionnels qualifiés.
Or le marché représente plusieurs dizaines de milliers d’organismes de formation qui doivent être audités régulièrement.
Enfin, la question du financement reste ouverte.
Les auditeurs salariés seront probablement formés par leur organisme certificateur.
Mais qu’en sera-t-il des auditeurs indépendants ?
Le coût de cette nouvelle certification pourrait constituer un frein à l’entrée dans la profession.
Une réforme qui s’inscrit dans un mouvement plus large
Cet amendement n’est pas isolé.
Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics cherchent à renforcer la qualité de l’offre de formation professionnelle et à lutter contre les dérives constatées sur certains segments du marché.
La certification Qualiopi a constitué une première étape majeure.
L’encadrement des auditeurs pourrait en être une seconde.
L’objectif poursuivi est clair : garantir que la qualité de l’évaluation soit à la hauteur des exigences imposées aux organismes de formation eux-mêmes.
Ce qu’il faut retenir
L’amendement adopté par le Sénat marque une évolution importante dans l’écosystème Qualiopi.
S’il est définitivement adopté et mis en œuvre par décret, les auditeurs devront désormais justifier d’une certification enregistrée auprès de France Compétences.
Cette mesure vise à harmoniser les pratiques d’audit et à renforcer la fiabilité des évaluations réalisées auprès des organismes de formation.
Pour les centres de formation certifiés Qualiopi, la réforme ne modifie pas directement les obligations actuelles. En revanche, elle pourrait améliorer la cohérence des audits et réduire les différences d’interprétation constatées depuis plusieurs années.
La qualité d’une certification repose autant sur les organismes évalués que sur les professionnels chargés de les évaluer. C’est précisément ce que cherche à renforcer cette nouvelle disposition législative.
L’expérience de Cibformation face aux exigences Qualiopi
Chez Cibformation, nous suivons avec attention cette évolution de la réglementation car nous sommes directement concernés par les exigences de qualité applicables aux organismes de formation.
Notre centre de formation est certifié Qualiopi depuis la mise en place de cette certification. Depuis son obtention, nous avons été audités à plusieurs reprises par des organismes certificateurs indépendants dans le cadre des audits initiaux, de surveillance et de renouvellement.
Ces contrôles successifs ont permis de confirmer la conformité de nos pratiques avec les exigences du Référentiel National Qualité. Aucun manquement majeur n’a été relevé lors de ces audits.
Comme dans de nombreux organismes de formation sérieux, quelques non-conformités mineures ont parfois été identifiées.
Celles-ci relevaient principalement d’oublis administratifs, d’imprécisions documentaires ou d’écarts ponctuels sans impact sur la qualité réelle des formations dispensées. Elles ont systématiquement fait l’objet d’actions correctives rapides et documentées.
Cette expérience nous permet d’affirmer que la qualité d’un audit repose avant tout sur la compétence de l’auditeur et sur sa capacité à comprendre le contexte particulier de l’organisme contrôlé.
Un organisme de formation spécialisé dans les formations réglementaires destinées aux professionnels du crédit (Formation IOBSP) et de l’assurance (formation IAS)ne peut pas être appréhendé de la même manière qu’un organisme intervenant dans des secteurs totalement différents.
Depuis l’apparition des obligations de capacité professionnelle prévues par le Code monétaire et financier pour les intermédiaires en opérations de banque et services de paiement (IOBSP) et pour les intermédiaires en assurance (IAS), Cibformation accompagne les professionnels du secteur dans l’acquisition et le maintien de leurs compétences réglementaires.
Nous dispensons notamment :
- les formations IOBSP niveau 1, niveau 2 et niveau 3 ;
- les formations IAS niveau 1, niveau 2 et niveau 3 ;
- les formations de capacité professionnelle de 40 heures pour les professionnels bénéficiant d’une expérience préalable ;
- les formations continues obligatoires des intermédiaires en crédit ;
- les formations DDA de 15 heures destinées aux intermédiaires en assurance ;
- les formations relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Chaque année, plusieurs centaines de professionnels nous font confiance pour obtenir ou maintenir leur capacité professionnelle et satisfaire aux exigences de l’ORIAS.
Cette expertise de terrain, acquise au contact quotidien des courtiers, mandataires et professionnels de la distribution de produits financiers, nous permet de mesurer l’importance d’un contrôle qualité cohérent, rigoureux et exercé par des auditeurs parfaitement formés.
C’est pourquoi nous considérons que l’objectif poursuivi par le législateur est pertinent. Si elle est correctement mise en œuvre, la certification des auditeurs Qualiopi pourrait contribuer à renforcer l’homogénéité des pratiques d’audit, à sécuriser les organismes de formation et à renforcer encore la crédibilité du dispositif Qualiopi auprès de l’ensemble des professionnels de la formation.
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Centre certifié conformément au décret qualité N° 2015-790 du 25 juin 2015. Nous avons reçu la certification QUALIOPI, ainsi votre formation peut être prise en charge par le CPF, si elle est éligible. La formation peut aussi être prise en charge par votre OPCO. Nous sommes inscrits sur le catalogue qualité de Pôle Emploi et enregistré au DATADOCK.

